Deux livres qui n'ont en apparence rien à voir: Maus de Art Spiegelman et La vie devant soi de Romain Gary (Emile Ajar).

Ils sont tous deux très célèbres et leur qualité a été depuis longtemps reconnue... Moi, ils m'ont bouleversé... et continuent en quelque sorte de me hanter et (si j'ose dire) de "m'inspirer".

Du premier, Maus, j'ai tiré l'idée de "faire parler" mon père sur son passé, sur son enfance notamment, en Kabylie pendant la guerre d'Algérie. C'est autant l'envie, le prétexte même, d'en savoir plus sur lui et mes origines qui m'anime que le désir de retranscrire certains de nos dialogues, de ces dialogues si rares où la transmission père-fille se fait. De plus en plus, un sentiment d'urgence me pousse à essayer de réaliser ce projet... Le fantôme de la mort possible, ou quelque chose comme une nécessaire course pour questionner et fixer ce qu'un jour je ne pourrais plus obtenir: quelques lumières sur un passé flou, parfois occulté.

Du second, La vie devant soi, j'aime particulièrement la virtuosité dans l'écriture qui, là aussi, arrive à "faire parler" un jeune garçon racontant avec une forme de candeur désabusée sa vie presque misérable et pourtant heureuse auprès de Mme Rosa. C'est une langue comme celle du petit Momo que j'aimerais créer: à la fois littéraire et empreinte du langage familier de l'enfant des rues livré à lui-même. Le tout transposé en Algérie et sur fond de guerre "civile". C'est évidemment très ambitieux et certainement impossible! Mais qui ne tente rien...