« Au nom du Pouvoir Sacré des Prêtres-soldats de la Morale, vous êtes tous en état d’arrestation. Toute fuite sera considérée comme refus d’obéissance et sera punie par les armes ! »

La voix avait résonné derrière le voile sombre d’un des hommes et causa un mouvement de panique chez les Romanis. Dans les cris et l’agitation générale, Amal aperçut le visage apeuré de la petite Basma.  Elle sentit de nouveau l’étrange chaleur au creux de son ventre qui apparaissait à chaque danger ou épreuve à affronter. Etait-ce cela « l’appel de l’Esprit » ? Elle n’eut pas le temps de réfléchir davantage ; elle attrapa la main de la jeune Basma et courut vers le filet de lumière qui s’échappait d’une porte mal fermée. Autour d’elles, les hommes en noir s’emparaient de tout artiste qui passait et n’hésitaient pas à frapper les plus récalcitrants.

Elles atteignirent miraculeusement la porte de sortie mais un Prêtre-soldat s’éleva devant elle. Dégainant son sabre recourbé, il attrapa Basma par la manche. Amal voulut crier, elle sentit son ventre se contracter et le hurlement monter jusqu’à sa gorge mais aucun son ne put sortir de sa bouche. Un hurlement d’horreur, profond mais silencieux. Pétrifiée, elle restait la bouche ouverte devant l’homme qui la menaçait du bout de son sabre. Ses yeux ne pouvaient se détacher de la lame brillante se rapprochant de sa gorge.